BIBLIOTHÈQUE DU SÉMINAIRE
DE SAINT-HYACINTHE
LA BIBLIOTHÈQUE
Historique
La bibliothèque du Séminaire de
Saint-Hyacinthe existe depuis la fondation du Séminaire en 1811 par messire
l'abbé Antoine Girouard (1762-1832). À
ses débuts, la collection de documents était très modeste et elle
occupait l'espace de quelques étagères dans une très petite
chambre. Cet ancien local était situé dans les tout premiers
bâtiments qui furent modifiés ou détruits. Il était
toujours sous clé afin de ne pas perdre le contrôle de cette richesse
documentaire.
Si on parcourt les deux volumes intitulés
" Histoire du Séminaire de Saint-Hyacinthe depuis sa
fondation jusqu'à nos jours : 1811 un siècle 1911 ", qui furent
écrits par Mgr Charles-Philippe Choquette (1856-1947),
on peut y découvrir diverses anecdotes au sujet de la bibliothèque.
En voici quelques-unes :
En 1825, Mgr Jean-Jacques Lartigue (1777-1840),
le premier Évêque de Montréal, signalait dans sa multiple
correspondance que la collection de la bibliothèque du Séminaire de
Saint-Hyacinthe comprenait 450 titres. Ce qui était assez bien pour les
moyens disponibles en ce temps-là.
En 1866, il est rapporté que le Séminaire a reçu le legs de
l'abbé Jean Olivier Chèvrefils (1790-1833)
qui comprenait 729 volumes, 14 cartes et 65 gravures. Ce legs
représentait une des plus vastes bibliothèques privées de
l'époque au Bas-Canada.
En 1878, une lettre du Supérieur de l'époque rapporte que
la bibliothèque se trouvait dans la chambre située en face de la
sienne. Elle fut ré-aménagée lors de travaux qui
éliminèrent divers locaux pour son agrandissement dont la Procure, la
chambre du Régisseur, la chambre des servantes, et un escalier menant aux
cuisines. Le seul point architectural que signale Mgr Choquette, fut le
détail du plafond ornementé en 1901.
En 1911, lors du centenaire du Séminaire, on annonce qu'une
nouvelle bibliothèque sera construite. Elle occupera le cabinet de
physique, le laboratoire de chimie et les musées. Entretemps, afin
d'aider les étudiants, on avait établi des bibliothèques de
quelques centaines de volumes dans chaque classe de Rhétorique et de
Belles-Lettres.
En 1927, il fut décidé d'ériger une nouvelle
bibliothèque sur le site qu'elle occupe actuellement.
De 1927 à nos jours, le poste de
bibliothécaire fut occupé par plusieurs prêtres et quelques
laïques. La Bibliothèque du Séminaire de Saint-Hyacinthe
n'était accessible qu'aux prêtres du Séminaire. Les
élèves du Collège avaient leur propre bibliothèque.
Ce n'est que depuis 1993 que la Bibliothèque du Séminaire de
Saint-Hyacinthe est ouverte au grand public. Depuis 1991, la bibliothèque
est gérée par une Corporation sans but lucratif. Un
bibliothécaire professionnel, M. Bernard Auger, a été
engagé en 1993, afin de gérer et d'informatiser les collections.
Les locaux de la bibliothèque
Il y a 6 salles
liées aux activités de la bibliothèque :
- La première salle est la plus grande. Elle contient, répartis
sur deux planchers (rez-de-chaussée et mezzanine), les collections
monographiques et les périodiques religieux et non religieux.
- Les périodiques dont nous continuons l'achat et les journaux sont
disponibles dans une salle de consultation située près de la grande
salle de la bibliothèque.
- Le bureau du bibliothécaire occupe l'ancienne salle de consultation des
périodiques. Cette salle est employée tant pour les tâches
administratives que techniques et pour l'accueil des chercheurs. C'est la porte
d'entrée principale de la bibliothèque. Les fichiers sur cartes et
informatisés peuvent être consultés avec l'aide du
bibliothécaire dans ce local. Un photocopieur y est disponible pour
tous.
- La quatrième salle est surtout employée pour des études
généalogiques. Elle est voisine de la salle de la
bibliothèque. Cette salle est gérée par la
généalogiste, Mme Ghislaine Letarte
(genealog@chsth.com). Le
centre de généalogie est ouvert aux heures suivantes :
Mardi : 13h à 21h
Jeudi : 13h à 17h
Samedi : 11h à 16 h
Pour de plus amples renseignements sur le Centre de généalogie et les
frais de consultation, téléphonez au (450)
261-9722 ou visitez le site internet du Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe,
section "Généalogie" à l'adresse suivante :
www.chsth.com. La salle de
généalogie est parfois utilisée lors de la consultation de
documents par les chercheurs de la Bibliothèque du Séminaire de
Saint-Hyacinthe. Cette salle contient des lecteurs et un lecteur-reproducteur
de microfiches et de microfilms, ainsi qu'un photocopieur.
- La cinquième salle est un entrepôt qui est inaccessible au public.
Elle a pour fonction d'entreposer les documents antérieurs à
1870 qui ont été informatisés dans notre catalogue.
Cette salle est sous atmosphère contrôlée et a
été développée par le Centre des Archives du
Séminaire de Saint-Hyacinthe. Actuellement, elle contient
surtout des documents gouvernementaux canadiens et québécois
très anciens et plus de 5 000 monographies d'avant 1870.
Notre plus ancien document date de 1511.
- La sixième et dernière salle se trouve au premier étage, elle
renferme l'atelier de reliure qui est utilisé par le personnel de la
Bibliothèque du Séminaire de Saint-Hyacinthe, du Centre de
généalogie et du Collège Antoine-Girouard.
Curiosité historique
À la mezzanine de la grande salle de la
bibliothèque, il existe un vestige architectural d'une politique de sauvegarde
de la morale catholique. Il s'agit des grillages en métal et de la porte
grillagée en bois qui sont toujours présents pour indiquer où se
trouvait "l'Enfer", comme le surnommait les anciens
élèves du collège classique. Cela s'appelait plus
officiellement le local de l'Index. Il est ici
question du local des livres mis à l'Index par la
Congrégation de l'Index. Cet endroit
était gardé sous clé et n'était accessible qu'au
prêtre bibliothécaire, au personnel de la bibliothèque ou aux
prêtres ayant le droit de consulter les livres interdits. Seuls, le
Supérieur du Séminaire et le bibliothécaire possédaient la
clé de cette porte.
La Congrégation de
l'Index était située à Rome en Italie. Elle avait pour
mandat de faire respecter la morale catholique en scrutant tous les écrits
publiés et pouvant être lus par les catholiques. Bref, il s'agissait
de censurer les textes ou d'en interdire la lecture si l'auteur ou l'éditeur
refusait de censurer son contenu. Pour pouvoir lire un livre interdit par
l'Index, il fallait obtenir la permission
écrite de son évêque et toujours la conserver avec soi.
Si vous étiez pris en train de lire un ouvrage mis à l'Index, vous
deviez remettre ipso facto le livre à l'ecclésiastique, sinon vous
étiez excommunié.
Qu'est-ce que l'Index ?
La politique de la mise à l'Index a
existé pendant très longtemps. La première fois où
elle fut appliquée avec rigueur, ce fut au Concile de
Nicée en l'an 325 . L'Église y
condamna l'ouvrage " Thalia " de
Darius. Cette politique de censure a été en
vigueur jusqu'au Concile de Vatican II, en 1965.
L'Église décida alors que les catholiques étaient assez
matures pour éviter de lire ce qui n'était pas recommandable.
Les livres censurés étaient
considérés comme subversifs à cause des idées
véhiculées, trop libérales (Pensées de Pascal), trop
socialisantes, trop érotiques (Notre-Dame de Victor Hugo) ou pour toute autre
raison liée à la morale et aux dogmes de l'église catholique de
l'époque.
Depuis le Pape Paul V
(Camillo Borghese 1552-1621), en 1557, l'Église a établi une liste des
interdits de lecture. Cette pratique se perpétua puis fut
administrée par la Congrégation de l'Index
(1562 à 1965). L'administration de la censure catholique était
rendue nécessaire à cause des nouveautés technologiques de
l'imprimerie et du nombre croissant de documents écrits. La lecture se
démocratisa avec la création des écoles et
l'alphabétisation déclassa l'Église dans son rôle
monopolitique du savoir. La Congrégation de
l'Index rassembla alors tous les feuillets proclamés sur les livres
censurés depuis le début de cette politique et elle publia
périodiquement un livre intitulé " Index
Librorum Prohibitorum " qui contenait la liste des livres prohibés.
Habituellement, les livres étaient classés par la date de la mise
à l'Index ou par auteur, afin d'être accessible à tous les
catholiques, le texte était imprimé en latin.
À la bibliothèque du
Séminaire, dans les fiches des catalogues sur cartes, les livres mis à
l'Index portent la mention LIVRES À
L'INDEX inscrite en rouge et soulignée. De plus, à
l'intérieur des livres condamnés, la même mention
LIVRES À L'INDEX est inscrite sur
la page de garde et sur la page titre, afin de bien avertir le lecteur qu'il
condamnait son âme en lisant le contenu du document. Depuis la fin du Concile du
Vatican II, en 1965, ces livres furent incorporés à la collection
régulière de la bibliothèque. Nous avons conservé
ces reliquats architecturaux afin de bien signifier aux plus jeunes que de telles
pratiques ont existé au Québec et dans le monde entier.
RETOUR EN HAUT DE LA PAGE